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L’état de lieux du district réalisé en 2006 et mis à jour en 2013 a permis d’évaluer les pressions et impacts sur les milieux aquatiques, à partir des différents usages de l’eau . Les pressions peuvent être regroupées par type (pression industrielle, agricole, domestique…), et sont qualitative (rejets polluants, destruction du milieu) ou quantitative (prélèvements).


Le territoire guyanais se caractérise par une répartition de la population très hétérogène. La grande majorité de la population se situe sur le littoral. Aussi, les pressions liées à la présence humaine (assainissement, prélèvement d’eau…) sont principalement situées sur cette zone et concernent ainsi, en grande partie, les masses d’eau de transition (estuaires), la masse d’eau côtière, et les masses d’eau cours d’eau les plus en aval.
L’activité d’orpaillage n’est pas liée à la répartition de la population et se situe essentiellement sur la partie centrale de la Guyane. Si l’on se réfère au nombre de masses d’eau touchées, c’est la principale pression sur les cours d’eau pour l’ensemble de la Guyane.


De manière générale, l’extraction aurifère a plusieurs types d’impact sur les masses d’eau :

Concernant les exploitations de gisements primaires, l'impact s'apparente à celui d'une carrière de moyenne importance (extractions à ciel ouvert).


pollution

 

En dehors de l’extraction aurifère, la Guyane est peu soumise aux rejets industriels.
Les émissions de substances par les sites industriels sont calculées à l'échelle du district dans l'Inventaire des émissions, rejets et pertes de substances.


Les carrières constituent les principales activités industrielles recensées comme ayant un impact significatif. Les impacts mis en évidence sont fonction du type de matériau exploité et de la capacité des carrières. Par ailleurs l'extraction en lit mineur reste pratiquée dans les communes de l'intérieur, pour répondre aux besoins en matériau. Ces prélèvements peuvent entraîner un surcreusement du lit, réduire la stabilité des berges, et affecter la piézométrie de la nappe. Les impacts sur les masses d'eau sont variables selon le site.


L’agriculture représente une source polluante des cours d’eau non négligeable à cause des produits phytosanitaires (insecticides, pesticides, fongicides…) ou encore des fertilisants (engrais chimiques, effluents d’élevage…) qui y sont répandus. Ces produits peuvent alors être, lors de fortes pluies, entraînés suite au lessivage du sol. Ces pressions s'exercent sur les eaux de surface et potentiellement sur les eaux souterraines au droit des zones de culture et d'élevage.
L'activité agricole impacte également les masses d'eau par une modification de l'occupation du sol : le remplacement de la forêt pour développer des cultures peut avoir des conséquences hydro-morphologiques sur les cours d'eau :


Une pression domestique est exercée par les rejets d’eaux usées et les déchets. Elle est significative aux abords des secteurs urbanisés, donc plutôt en aval des bassins versants.

On constate un problème généralisé de non conformité des rejets d'eau usées aux normes d'abaissement de la charge polluante. Les tendances suivantes apparaissent dans la plupart des cas :

L'assainissement individuel est lui aussi peu performant et non conforme : les effluents bruts sont ainsi transmis directement ou presque dans le milieu naturel.
Les pressions sur les masses d'eau sont significatives, principalement sur les eaux littorales, à l'exutoire des principales agglomérations : Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et Apatou. Quelques masses d'eau cours d'eau sont également concernées le long des fleuves frontaliers, au niveau des bourgs de Camopi, Maripasoula et Papaïchton.

Les décharges sont des lieux d'émission de substances toxiques importantes.


Les prélèvements d’eau de surface en Guyane ont essentiellement pour vocation l’alimentation en eau potable des populations. Aussi, ces prélèvements sont situés sur les secteurs habités (frange littorale et le long des deux principaux cours d’eau : le Maroni et l’Oyapock).

A l'échelle du district, 17 Millions de m3 sont prélevés chaque année pour la production d'eau potable. Toutefois, au regard des volumes mensuels écoulés, ces prélèvements n'engendrent pas de pression significative, ni sur les eaux souterraines, ni sur les eaux de surface.


drague

 

Concernant le dragage, effectué dans les chenaux d’accès aux ports maritimes, ses effets sur les masses d’eau sont de natures diverses. On note parmi celles-ci la remise en suspension de fines particules pouvant augmenter la turbidité de l’eau et réduire ainsi la photosynthèse. Cet effet est à relativiser cependant, les estuaires de Guyane étant déjà extrêmement chargés en matières en suspension. Les bonnes qualités chimiques et bactériologiques des sédiments dragués minimisent la remise en suspension de polluants qui auraient sédimenté. En revanche, les activités de dragage ont un impact sur la faune benthique.


La pêche constitue quant à elle une pression sur les masses d’eau difficilement quantifiable.

Aujourd'hui la pérennité de la richesse piscicole est mal connue. Des menaces sur certaines communautés piscicoles, dues à une surpêche localisée, sont soupçonnées mais mal appréhendées. Le manque de connaissances de la biologie des espèces (habitat, reproduction, ....) ne permet pas aujourd'hui de gérer durablement la ressource.
Concernant la pêche côtière, A la vue de l'importance de l'activité et des variations des tonnages débarqués, la pression de la pêche sur la masse d'eau côtière et les masses d'eau de transition est considérée comme significative. Pour certaines espèces, l'impact peut être considéré comme faible. De manière générale, l'impact de la pêche sur les masses d'eau côtière et de transition reste indéterminé.

 

Des molécules liées à des combustions d'hydrocarbures sont retrouvées dans les masses d'eau. Elles peuvent être liées à l'importance de la navigation, mais elles ne sont pas exclusives d'autres activités à l'origine de ces mêmes molécules (production électrique thermique, abattis...).

 

Evaluation du RNABE / RNAOE


Le RNABE est le Risque de Non Atteinte du Bon Etat des Eaux. Il est déterminé à partir des pressions et impacts exercés sur les masses d’eau, et des tendances d’évolution, afin d’évaluer les capacités à répondre à l’objectif fixé par la DCE d’atteindre le bon état des eaux en 2015. Le RNABE, combiné aux actions prévues dans le programme de mesures, conduit à la définition des objectifs du SDAGE .

 

Ce risque a été réévalué lors de la révision de l'état des lieux en 2013. Désormais intitulé RNAOE (Risque ne Non Atteinte des Objectifs Environnementaux), il traduit les capacités à répondre aux objectifs à l'horizon 2021. Il conduira à lé définition de nouveaux objectifs dans le prochain SDAGE 2016-2021.

 

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